Idéaliser le maître
En
tant qu'élèves nous sommes généralement confrontés à diverses
difficultés lors de l'apprentissage. Celles-ci accaparent notre
attention et si parfois nous regardons plus attentivement celui qui
nous transmet le savoir, c'est généralement pour le louer. En
effet, lorsque l'on sue à réaliser un mouvement, il est logique
d'être impressionné par celui qui y arrive avec une facilité
déconcertante !
On
entre alors facilement dans un schéma de pensée où le maître
devient un être à part, auquel on prête des qualités largement
plus vastes que son domaine d'expertise.
Grandir
le maître
Tant
mieux si nous sommes capables d'apprécier la qualité de notre
professeur !
Il nous faut toutefois déterminer si nous louons ses capacités à leur juste valeur, ou si nous en rajoutons un petit peu... Car l'élève se diminue parfois pour grandir son maître...
De prime abord, cela semble surprenant, mais le disciple trouve un intérêt certain à augmenter la distance qui le sépare de son maître.
Pourquoi ?
La première raison est certainement qu'il serait trop douloureux d'investir autant de temps et d'énergie à suivre l'enseignement de quelqu'un de "normal". Et ce même si nous n'arrivons pas (encore) à faire ce qu'il fait.
La deuxième raison réside peut-être dans notre besoin de croire en le merveilleux. Penser qu'il existe des êtres "à part", qu'on ne pourra jamais égaler, est paradoxalement rassurant. Cela ordonne notre univers et le borne.
Et enfin, la troisième raison, la plus évidente, c'est que si le maître possède une sorte de savoir inné, nous ne pourrons jamais l'atteindre. Par conséquent nous sommes affranchis des efforts à fournir pour arriver au même niveau !
Il est en effet bien plus séduisant de penser que la qualité d'un individu lui vient ex nihilo, plutôt que d'admettre qu'il s'agit "simplement" de sueur et de répétition. Cela signifie que si nous voulons posséder les mêmes qualités, il va falloir passer par les "mêmes endroits".
Il nous faut toutefois déterminer si nous louons ses capacités à leur juste valeur, ou si nous en rajoutons un petit peu... Car l'élève se diminue parfois pour grandir son maître...
De prime abord, cela semble surprenant, mais le disciple trouve un intérêt certain à augmenter la distance qui le sépare de son maître.
Pourquoi ?
La première raison est certainement qu'il serait trop douloureux d'investir autant de temps et d'énergie à suivre l'enseignement de quelqu'un de "normal". Et ce même si nous n'arrivons pas (encore) à faire ce qu'il fait.
La deuxième raison réside peut-être dans notre besoin de croire en le merveilleux. Penser qu'il existe des êtres "à part", qu'on ne pourra jamais égaler, est paradoxalement rassurant. Cela ordonne notre univers et le borne.
Et enfin, la troisième raison, la plus évidente, c'est que si le maître possède une sorte de savoir inné, nous ne pourrons jamais l'atteindre. Par conséquent nous sommes affranchis des efforts à fournir pour arriver au même niveau !
Il est en effet bien plus séduisant de penser que la qualité d'un individu lui vient ex nihilo, plutôt que d'admettre qu'il s'agit "simplement" de sueur et de répétition. Cela signifie que si nous voulons posséder les mêmes qualités, il va falloir passer par les "mêmes endroits".
Cette distorsion positive de l'image du maître ne remet pas en cause ses réelles capacités. Il me semble qu'elle procède plus de notre incapacité à voir les choses telles qu'elles sont...
Dépasser
le maître
Si
l'objectif du disciple est de dépasser le maître, cela est rendu
plus difficile lorsque la distance qui les sépare semble immense. Et
cela est carrément impossible si le disciple augmente de lui-même
cette distance.
La
seule solution semble de regarder les choses telles quelles sont : le maître peut parfois être
extraordinaire, mais fondamentalement, il est comme tout le monde.
Ce qui nous sépare de lui, c'est juste une grande quantité de sueur...
Ce qui nous sépare de lui, c'est juste une grande quantité de sueur...

